Face à la sorcellerie
Revue Cahiers d'études africaines, n° 231-232

La sorcellerie n’est pas seulement une affaire privée qui se joue au sein des familles, elle concerne également les institutions jusqu’au cœur même de l’État. Celles-ci se retrouvent de plus en plus souvent prises dans le cercle mortifère des rumeurs, accusations et violences, quand elles ne participent pas elles-mêmes à l’expansion du schème d’interprétation sorcellaire


Devant ce constat, ce numéro examine à travers une série d’études de cas comment les institutions et leurs acteurs font face à la sorcellerie. Centrées sur l’analyse des dynamiques de l’imputation et de la stigmatisation, les contributions portent aussi bien sur les institutions les plus centrales de l’État (la justice, nationale mais aussi internationale, la police, l’école) que sur les institutions sanitaires, religieuses et sportives ou encore les médias.


Mais ce sont aussi les anthropologues eux-mêmes qui doivent faire face à la sorcellerie. Souvent interpellés par les acteurs au même titre que les juges, les journalistes ou les médecins, les chercheurs se trouvent alors confrontés à des dilemmes éthiques qu’ils ne peuvent plus longtemps éluder.


 


 


Sommaire


 


S. Fancello & J. Bonhomme — L’État et les institutions face à la sorcellerie.


F. Beuvier — Insaisissable sorcellerie. Législation, compétence et pratique au Cameroun (1916-1959).


É. Jolly — Une femme dogon face à la justice malienne : du soupçon de sorcellerie à la disculpation.


A. Mary — Le « patient sorcier » : de la responsabilité et de la criminalité en matière de sorcellerie.


G. Ngovon — Sorcellerie et déperdition de la justice en Centrafrique : de l’usage des « savoirs locaux » et des théogonies devant les tribunaux.


É. Claverie — Les combattants, les fétiches et le prétoire. Le procès de Germain Katanga devant la Cour pénale internationale.


S. Taliani — Du dilemme des filles et de leurs réserves de vie. La crise sorcellaire dans la migration nigériane.


R. Beneduce— Une nouvelle bataille de vérité. Discours sorcellaires, cicatrices corporelles et régimes de crédibilité dans le droit d’asile.


A. Gusman — Stuck in Kampala. Witchcraft Attacks, “blocages” and Immobility in the Experience of Born-Again Congolese Refugees in Uganda.


K. Argyriadis — Narco-satanisation et corps en morceaux au Mexique. La Santa Muerte/Yemayá au cœur de la guerre des images.


E. Quaretta — La fabrique institutionnelle des enfants sorciers à Lubumbashi (RDC).


A. Ceriana Mayneri — Les impasses de la transe à l’école. Violences de genre, religions et protestations à N’Djamena.


É. Guitard — Between Municipal Management and Sorcery Uses of Waste. Cameroonian Institutions Faced with “Sorcerers Covered with Refuse” (Garoua and Maroua).


J. Bonhomme & L. Gabail — Lutte mystique. Sport, magie et sorcellerie au Sénégal.


S. Fancello — De la violence de l’imaginaire à la violence des images. Le métier d’anthropologue à l’épreuve de la sorcellerie


DESCRIPTIF
  • Parution : 2018
  • Revue : Cahiers d'études africaines
  • Numéro : 231-232
  • ISBN EHESS : 978-2-7132-2743-1
  • Prix : 32.00€