Ouvrages
DESCRIPTIF
  • Parution : 2015
  • Coll. : Cas de figure
  • Pages : 272 p.
  • ISBN EHESS : 978-2-7132-2488-1
  • Prix : 16.00€
La règle de l’exception
L’écologie du cinéma français
Olivier Alexandre
Voici la première sociologie du modèle du cinéma français. Là où les médias portent la lumière sur une poignée de stars et de réalisateurs, Olivier Alexandre revient sur le système, les logiques et manière-faire d’un univers dont la puissance de séduction cache une organisation codifiée.
 
Aux yeux du monde, le cinéma français incarne l’exception culturelle. La figure de l’auteur, née avec la Nouvelle Vague avant de devenir universelle, continue de jouer un rôle central dans l’organisation du secteur.
Exemplaire, l’enquête d’Olivier Alexandre prend le contrepied des discours habituels pour saisir le système à l’origine de cette singularité française. Au-delà des paillettes et de la rituelle montée des marches cannoises apparaît un monde impitoyable caractérisé par une distribution inégalitaire des chances de s’y imposer. Le cinéma français, c’est bien sûr Truffaut et Godard, mais c’est également tout un peuple d’outsiders qui s’agrège aux marges en tentant de survivre.
Ce livre n’est pas seulement une étude pionnière sur un sujet souvent laissé aux discours enchantés, il propose une réflexion aiguë sur les concepts utilisés pour définir les univers de création : champ, monde et marché font l’objet d’un réexamen critique ; il contribue de façon particulièrement novatrice au débat sur le statut de la culture et de ses modes de production.
Introduction


Première partie. L’écologie du cinéma français
Chapitre premier. L’exception audiovisuelle
La poursuite du cinéma par d’autres moyens
Les quatre leviers du cinéma français
D’une logique de compensation à un effet de légitimation

Chapitre 2. Le gouvernement de l’audiovisuel
Trois visions enchantées de la politique cinématographique
Une configuration de pouvoir tripartite
Culture d’élite et élite de la culture
Arte comme alternative au marché

Chapitre 3. Pierre Chevalier. Un pont entre deux mondes
Une socialisation duale
« Un homme du monde égaré dans les arts » (Pierre Chevalier)
L’unité fiction comme « puissance de supplément et de création » (G. Deleuze)
La télévision comme écran repoussoir à la création cinématographique
Entrepreneur de réseaux
Reconnaissance critique et personnalisation d’un agencement collectif
Détournement cinématographique de l’unité Fictions
Conclusion. Le cinéma français est-il un champ ?


Deuxième partie. Les trois cercles du cinéma français
Chapitre 4. Insiders, intégrés et outsiders

De l’ombre à la lumière : diversité et invisibilité
Les trois cercles du cinéma français
Le cinéma : un régime d’emplois
Socialisation et sociabilité cinématographiques
Hégémonie parisienne
Une féminisation paradoxale
L’entrepreneuriat cinématographique

Chapitre 5. La production comme trait d’union
Le producteur « à la française »
Décloisonnement de la production
Le court-métrage comme école du long
Le modèle Lazennec
Le jeune cinéma français
L’auteur comme idéologie professionnelle
Les deux marchés
Réalisateur-producteur : une interaction symbolique
La fidélité comme ressource professionnelle

Chapitre 6. Le distributeur, le je du catalogue

La salle comme vitrine
Du film au catalogue
S’engager
Stratégies d’alliances
Placer le film
Monter l’image
Le public comme prophétie autoréalisatrice
Conclusion. Le cinéma français est-il un marché ?


Troisième partie. L’auteur comme fétiche

Chapitre 7. Le mur invisible du cinéma français
Une métaphorique des lettres
L’auteur comme catégorie critique
De la politique à la mythologie des auteurs
Une socialisation silencieuse
Une ouverture sous conditions
Une ouverture à éclipses

Chapitre 8. Le singulier collectif
L’auteur à travers ses réseaux
Un jeu d’alliances à la frontière du professionnel et de l’intime
Une activité à deux têtes
Les cercles de collaboration

Chapitre 9. Du travail à l’œuvre
L’auteurisme est un idéalisme
L’invisibilité du travail cinématographique
L’invention par la routine
La vision
Le sens de la mesure
Une culture commune
Le double je de la création
Le film de genre, une sécurité de l’emploi
La construction sociale de l’auteur
Conclusion. Le cinéma français est-il un monde ?

Conclusion. Le cinéma français peut-il rester une exception ?
Bibliographie